Une histoire de la Maison des Jeunes : l’épopée des murs.
Vous voulez que je vous raconte l’histoire ? Celle de la Maison des Jeunes ? Eh bien, asseyez-vous, elle est belle, et elle commence il y a longtemps, du temps des premiers éclaireurs.
En 1911, à Asnières, ils n’avaient rien. Rien qu’un bec de gaz, tiens, sur l’avenue Pinel. C’était leur point de ralliement, leur quartier général ! Un bec de gaz… Et après, pendant vingt ans, ils furent balancés de lieu en lieu. Un garage chez des parents par-ci, un sous-sol par-là, un hangar trop petit où les groupes se marchaient sur les pieds. Ils louaient un coin, puis un autre, comme on cherche une place au soleil.
Mais le vrai départ, le voilà : 1932. Les jeunes décident de s’organiser et se constituent en association. La paroisse protestante acheta un terrain rue Raspail, au numéro 50. Ils creusèrent, ils bâtirent. Et les jeunes, pendant ce temps-là, trépignaient ! Ils étaient si pressés de voir leur maison qu’ils investirent le chantier au fur et à mesure, malgré les ouvriers, malgré la poussière. Ils l’habitèrent avant même qu’elle ne soit finie! L’inauguration officielle, ce fut le 2 mai 1936. Et quelle fierté ! Avec sa grande salle de spectacle, sa vraie scène, sa machinerie… On se croyait à l’Opéra ! Le succès fut tel qu’il fallut rajouter des bâtiments derrière, pour les scouts. Ils y sont toujours.
Cette maison connut la guerre, elle aussi. Une bombe tomba sur le terrain de jeux, près du portail. Elle fit des dégâts. Il en reste des traces, comme des cicatrices. Mais la vie continua.
Dans les années 50-60, elle grandit encore : une nouvelle salle paroissiale en 56 (qui deviendra la ludothèque), et puis, en 68, tellement ils étaient pleins à craquer, la paroisse acheta une autre maison, au 72 rue Victor Hugo. Avec des sous-sols, des salles, et un grand jardin pour les kermesses ! Un vrai luxe.
Arrivèrent les années 70, et avec elles, les commissions de sécurité. « Il faut moderniser, il faut mettre aux normes ! » Alors ils retouchèrent, retapèrent, souvent de leurs propres mains, faute d’argent. Ils firent deux grandes salles, l’une sur l’autre. Et en 2001, encore des travaux : un bureau d’accueil, une sortie de secours… Une maison, voyez-vous, ça vit, ça respire, ça change avec le temps.
Et puis, un beau jour du début des années 2010, ils se dirent : « Elle mérite bien un coup de frais, notre vieille dame. » Ils refirent les peintures et apposèrent une belle signalétique, avec la croix huguenote, pour rappeler leurs racines. Et les jeunes, revenus d’un projet en Argentine, réalisèrent sur le mur de la cour une fresque magnifique, pleine de soleil.
Aujourd’hui, le 50 rue Raspail, c’est toujours un lieu qui bourdonne de vie, entretenu par des bénévoles qui l’aiment comme leur enfant.
En 2017, la cour a été rénovée, et la cave en 2023. Et dernièrement, ils sont même devenus jardiniers ! Pour faire plaisir à la planète et au label Église Verte, ils ont fleuri le tour du parking, installé des ruches sur la terrasse. Et ils ont même goûté leur propre miel ! Ils récupèrent l’eau de pluie… Qui sait ? Ce parking, un jour, deviendra peut-être un vrai jardin, si le quartier en a envie. En attendant cette année 2026 commencent les travaux de réfections des locaux des scouts.
Voilà. C’est l’histoire d’une maison qui a toujours cherché son toit, et qui, une fois l’ayant trouvé, n’a jamais cessé d’y faire grandir la jeunesse.
Denis Ledoux et le Comité de rédaction, à partir des archives de la MDJ.