Fête de la soupe 2025

 Regards de co-CGL scoute sur la Fête de la Soupe du Centre 72

Chaque année, lorsque revient au Centre 72 la Fête de la Soupe, c’est pour moi un moment profondément fraternel. Dans la paroisse où le partage, la simplicité et la convivialité font partie des fondements, cette rencontre culinaire prend des airs de véritable temps communautaire.

 

Du côté des Éclaireuses et Éclaireurs unionistes, les enfants se préparent avec le sérieux… et le joyeux enthousiasme qui les caractérisent. Dès le matin, les jeunes se réunissent autour des listes d’ingrédients, des courses au marché en uniforme, de la grande bona des camps (oui, la grosse marmite qu’on pose sur le feu de camp). On coupe, on épluche, on verse une larme à causes des oignons, on discute (parfois plus qu’on n’avance) mais toujours avec l’envie d’offrir quelque chose de bon. 
Et je me suis dit que, finalement, c’est aussi ça, l’éducation protestante : apprendre que servir les autres, même une simple louche de soupe à la main, c’est déjà témoigner.

Lorsque les portes s’ouvrent en fin d’après-midi, le jardin du Centre 72 prend soudain des airs de maison commune. Les associations, les familles, les habitués … tout le monde se retrouve autour des tables dressées pour l’occasion. On se salue, on se reconnaît, on goûte les créations des uns et des autres. Quelques-uns entrent timidement, attirés par l’odeur ou par un voisin qui les a « discrètement » invités. Ici, personne n’est étranger très longtemps.

Et, pour être honnête, c’est aussi le soir de l’année où je vois mes propres enfants se resservir joyeusement de la soupe (eux qui, à la maison, se déclarent soudain « n’ayant pas faim », « allergiques au panais » ou « en grève du potage »). Alors bien sûr, je me prends à espérer. Peut-être qu’après ce soir, le miracle se reproduira chez nous ? Peut-être que ce esprit convivial soufflera jusque dans la cuisine familiale ? Mais le soufflet retombe toujours aussi vite que le carrosse de la Belle au bois dormant : retour à la réalité, impossible de leur faire avaler la moindre cuillerée dans les jours qui suivent à la maison. La soupe de cette soirée est donc forcément un peu… magique.

J’aime particulièrement le moment où l’on circule entre les stands pour vont féliciter les cuisiniers, commenter les textures, s’émerveiller de découvrir qu’une soupe peut être violette ou parfumée à la coriandre. Et quand les enfants font goûter la leur, ils se tiennent un peu plus droits : offrir, ça rend fier, même quand il reste des morceaux de panais un peu gros.

La Fête de la Soupe n’est pas seulement un rendez-vous gourmand : c’est une façon de rappeler que la communauté vit de liens, de partage et de simplicité. Et pour les scouts, c’est aussi un temps d’apprentissage, de responsabilité et de joie, à hauteur d’enfant, de louche et de sourire.

En refermant le centre le soir, il reste parfois des marmites à frotter et des nappes à secouer, mais il reste surtout cette impression précieuse : nous avons, ensemble, nourri un peu plus que des ventres.

Mystère de la soupe disparue

En exclusivité pour Ensemble, nos journalistes ont pu récupérer les éléments constitutifs du dossier judiciaire de cette affaire inédite.

Rappel des faits 

18h53. Les responsbles quittent la Maison des Jeunes de Bois-Colombes, avec quatre bonas (mot employé par les scouts pour désigner des grandes marmites) remplies de soupes, dont un velouté de légumes relevé au céleri.

18h59. Un parent de louveteau propose à une responsable de porter une bona de soupe jusqu’aux stands du Centre 72. La responsable accepte, et lui tend le velouté de légumes relevé au céleri.

19h02. Le groupe arrive au Centre 72, et chaque louveteau s’installe derrière sa soupe. Toustes sont prêt.es à servir, armé.es de leur enthousiasme.

19h03. Les responsables remarquent qu’il n’y a que trois soupes disposées sur les stands, et non quatre. La soupe manquante est le velouté de légumes relevé au céleri.

Victimes

Louvette anonyme, 9 ans : « j’ai coupé du céleri tout l’après-midi, c’était super long, en plus je déteste le céleri, et j’ai fait tout ça pour, au final, ne pas pouvoir servir ma soupe ! »

Louveteau anonyme, 8 ans : « Notre soupe, c’est vraiment la meilleure ! Je ne comprends même pas comment on a pu la confondre avec une autre soupe, qui était forcément moins bonne que la nôtre ! »

Etape suivante pour la constitution du dossier : Récolter des témoignages.

Vous aussi, vous étiez à la 15e édition de la fête de la soupe, et vous avez des éléments à partager pour constituer le dossier ? N’attendez plus, et écrivez-nous à cette adresse email : meute.de.bc@gmail.com

Constitution du dossier : Amandine Roux

Indices : une bona de scouts a toujours un fond noir de suie … surtout si elle a été mal lavée